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ESSAI DU CASQUE MODULABLE SCORPION EXO-TECH

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Il y a les casques jets et les casques intégraux. Et puis il y a les modulables qui offrent la possibilité de combiner les avantages des deux et qui se déclinent à toutes les « marques » aujourd’hui ! Et c’est le dernier né d’entre eux que j’ai testé pour toi : le Scorpion Exo-Tech !

Le marché des modulables

Encore associé aux livreurs/coursiers et gendarmes il y de cela quelques années, le casque modulable prend aujourd’hui de plus en plus de place au rayon casque des magasins spécialisés.

Force est de lui reconnaître bien des avantages pratiques pour les conducteurs plutôt urbains avec cette mentonnière escamotable qui permet de « respirer » et de bénéficier d’un large champ de vision à faible allure et de profiter d’une protection intégrale dès que l’aiguille du compte-tour grimpe un peu. Aujourd’hui, ce type de casque est plébiscité par les conducteurs de trail routier et connaît un effet mode chez la population de conducteurs de maxi-scooter en ville.

Scorpion entre donc dans la danse après deux années de développement en proposant son modulable en polycarbonate à mentonnière rabattable doublement homologué intégral et jet (P/J). Certes, le principe de la mentonnière qui tourne autour de la coque n’est pas nouveau et déjà bien éprouvé même… Mais voyons ce que Scorpion a à nous proposer avec son Exo-Tech !

Déballage et inspection

Le casque est livré dans sa housse, plutôt épaisse, le protégeant donc bien pendant son transport. L’ensemble est plutôt valorisant. On retrouve également dans la boite le manuel d’utilisation ainsi que les autocollants réfléchissants à placer dessus. Bon point pour Scorpion qui fournit des réflecteurs « profilés » épousant les formes du casque, donnant ainsi un peu plus envie de les coller ! Je rappelle au passage que la présence de ces réflecteurs est obligatoire et vous rend amendable si vous faites l’impasse sur la séance collage au déballage du casque.

Au déballage du casque, on est agréablement surpris par la taille de l’écran ! La promesse d’un très grand champ de vision. Et on reste agréablement surpris en découvrant qu’une lentille antibuée Pinlock est présente de série sur ce casque ! En le faisant tourner dans mes mains pour le détailler sous toutes les coutures, évidemment le poids du casque se fait sentir… Mais je suis biaisée par mon utilisation majoritaire d’un casque racing très léger. J’ai dans les mains un casque en taille S affichant 1650 gr ± 50 gr (1710 gr vérifiés sur la balance), ce qui en fait, le place plutôt dans les casques modulables à double homologation au poids contenu malgré sa coque en polycarbonate. Encore un bon point pour ce casque !

La version « Exo-Tech Time-Off Blanc Nacré Argent » que j’ai dans les mains présente un design sobre mais qui ajoute un petit plus flatteur pour l’œil.

Disponible du XS au XXL (avec deux tailles de coques), le modèle Exo-Tech Time-Off existe dans 3 autres coloris

Côté finitions, on est gâté :

  • Comme pour tout casque à vocation GT, l’écran solaire interne est de la partie. Il est évidemment rétractable et s’actionne par la main gauche via un curseur placé à la base du casque. Petit plus, il possède un traitement antibuée sur les deux faces.
  • La mentonnière se rabat à l’arrière de la coque grâce à une pression simple et aisée d’un bouton sous la mentonnière. L’ensemble offre un look plutôt sympa et je dois avouer que je préfère même le casque avec la mentonnière remontée qu’abaissée en version intégral ! Mais la sécurité primera sur le style, bien que la mentonnière remontée, la sensation d’enveloppement sur les joues soit bien présente et rassurante.
  • Niveau ventilations on en compte 2 : 1 au niveau du menton, 1 sur le dessus. Des ventilations peu nombreuses mais larges qui devraient offrir un volume d’air conséquent. Toutes sont réglables indépendamment et leur mécanisme d’ouverture/fermeture semble aisé à manipuler même avec des gants épais. Le test dynamique me le confirmera.
  • On poursuit la découverte, je retourne le casque, le système de fermeture est confié à une boucle micrométrique. Les sangles jugulaires sont entourées d’un tissu très confortable et doux au toucher.
  • Premier coup d’œil sur les mousses épaisses qui me donnent envie d’enfiler le casque avec leur triple densité et leur revêtement KwikWick® doux au toucher (hypoallergénique et antibactérien bien sûr). Les mousses sont amovibles et lavables et les mousses de joue permettent le port de lunettes de vue.

Voilà pour les spécificités de ce casque. Malheureusement, à l’heure où j’écris, les données du test indépendant Sharp [1] ne sont pas encore disponibles sur ce casque, mais nul doute qu’il fera au moins aussi bien que ces concurrents et tutoieras les 4 étoiles.

[1] Test permettant d’évaluer un casque en matière de sécurité et de protection en lui faisant subir 22 simulations de chocs, alternativement sur des surfaces planes ou en relief.

Essai statique de l’Exo-Tech

Assez discuté, il est temps d’enfiler le casque.  

Mousses neuves obligent, le casque semble très ajusté. Mais rien à reprocher au confort si ce n’est une habitude à prendre au niveau du poids !

Première manipulation des différents systèmes sans gants : aucun problème pour remonter la mentonnière. En un « clic », la mentonnière bascule. Bon point, je ne ressens aucun transfert de masse marquant sur l’arrière du casque avec la mentonnière relevée. Mes cervicales devraient apprécier !

Deuxième manipulation : l’écran solaire. Là encore, le mécanisme est aisé et sans à-coup. On cherche un peu le mécanisme mais une fois trouvé, il est très facile et coulisse parfaitement.

En ce qui concerne les ventilations, le mécanisme des deux ventilations est très facile à manipuler, un seul mouvement suffit pour les ouvrir ou les fermer. 

Un indéniable sans faute pour cet essai statique, il est temps de confirmer en essai dynamique avec les gants ! 

Essai dynamique 

Premier test du casque en scooter (250cc) pour un trajet maison-boulot de 20 km me faisant quitter ma petite commune rurale de 1500 habitants pour le centre-ville de Genève. Au programme, des départementales, des portions de routes à 110 et un centre-ville embouteillé ! 

Dès mes premiers tours de roues, je suis conquise par la taille de l’écran. Le champ de vision est très large en latéral (parfait pour surveiller ses angles morts) mais aussi en vertical grâce à la forme de l’écran qui me permet de regarder mon compteur sans baisser la tête. Je prends mes marques avec les différents systèmes. Aucun problème à les manipuler, je remarque juste que quand je relève la mentonnière, cela me relève la visière et pareil quand je la rabaisse, pour peu que j’ai la visière baissée en version jet, elle se relève quand la mentonnière vient se placer dans son logement. Un système de relevage automatique de l’écran qui m’a surpris mais rien de bien grave, aucun mouvement n’est dur à réaliser à une main, aucun besoin de forcer !

A noter que les ergots qui permettent de relever la visière auraient pu être un peu plus grands, ils demanderont sûrement un peu plus de patience pour être manipulés avec des gants épais d’hiver.

Au bout de quelques kilomètres, je me rends compte que j’ai complètement oublié le poids du casque, son équilibre général en dynamique est plutôt très bon, même à 110km/h (avec mentonnière rabaissée).

Niveau confort acoustique, on est dans la « norme » pour ce genre de casque. La bavette anti-remous sous la mentonnière n’est pas la plus efficace, sans doute du fait de la mentonnière assez proéminente qui crée un flux d’air entre le cou et la bavette (j’ai moi-même un espace de 4 cm entre mon menton et la mentonnière, propice au flux d’air). Le débit des ventilations me semble correct mais mériterait d’être essayé lors d’une journée plus chaude.

Le côté modulable est très appréciable en centre-ville pour les attentes aux feux rouges, mais j’avoue que même en roulant à faible allure, je préfère refermer la mentonnière par habitude.

Les conditions de ce test ne m’ont pas permis de tester le Pinlock® et l’apparition de buée sur la visière, mais nul doute que le système Pinlock®, largement éprouvé, fera son travail comme il faut par une journée pluvieuse ou plus fraiche.

Je conclue mon test par un essai moto, rien à ajouter par rapport à l’essai en scooter, je voulais juste vérifier le comportement du casque en terme d’aérodynamisme sans la protection de bulle haute de mon scooter. Et de ce côté, je confirme le très bon ressenti de ce casque et sa répartition des masses, et ce, quelle que soit la configuration optée.

Alors finalement, que vaut le modulable Exo-Tech ?

Ce test s’est avéré très positif, le seul bémol (mais très personnel) me concernant reste l’esthétique du casque avec la visière refermée. Scorpion aura sans doute du mal à attirer les conducteurs adeptes du style du Desmo de Roof ou des différents déco moins sages de l’EvoLine Serie 3 de Shark. Une déco qui reprendrait les codes de leur Exo R1 Air pourrait attirer un public à la recherche d’un casque au look plus sportif (et fan de Quartararo ou Bautista par la même occasion).

Mais pour le reste, c’est un sans-faute ! Aucun reproche à faire sur la facilité d’utilisation des différents mécanismes ni sur son confort et c’est finalement bien là l’essentiel !

Alors bien sûr, la longévité de ce type de mécanisme reste une inconnue, et ce, quelle que soit la marque, mais on se rassure par la garantie de 5 ans offerte par Scorpion. Du côté des tarifs, Scorpion s’aligne sur ceux du secteur très concurrentiel du milieu de gamme. Alors n’hésite pas et fais comme moi, laisse toi piquer par Scorpion ! 😉

Lucile
Lucile
Passionnée de 2 roues depuis ma plus tendre enfance, j’ai passé mon permis gros cube à 21 ans et écumé les routes de ma Haute-Savoie natale et alentours pendant plus de 10 ans avant de me résoudre à un constat réaliste : essayer de prendre les points de corde sur route est un jeu dangereux pour lequel les cartes "chance" distribuées sont limitées... C’est ainsi que je me suis retrouvée sur piste en 2013 avec mon conjoint lui aussi passionné ! Et autant vous dire que le virus a vite pris et c'est même transformé en passion commune !!! Aujourd’hui ma pratique de la moto se limite à la piste en roulages libres et également compétitions, tout en restant une adepte du 2 roues pour les déplacements pro… Mais en scooter ! A travers mes articles, je tacherai donc de mettre à profit mes compétences de professeur (mon métier) et de motarde/pistarde au service d’articles variés pour te partager mes expériences, connaissances, conseils et astuces !
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