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Entretenir sa moto pour rouler en hiver

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Pour beaucoup de motards, l’utilisation du deux-roues reste une activité saisonnière. Et on peut le comprendre, rouler à moto l’hiver peut rapidement tourner au calvaire, entre les températures qui baissent, les conditions climatiques qui se dégradent et les journées qui raccourcissent, les éléments ne jouent pas forcément pour nous, très exposés à tous ces changements saisonniers !

Mais, et tu fais peut-être partie de cette catégorie de motard, il est tout à fait envisageable de continuer à rouler sans trop avoir à se soucier de ces conditions en prenant les précautions nécessaires, à commencer par un bon équipement adapté contre le froid, la pluie et le vent, aussi bien pour soi que pour sa moto (pour en savoir plus, je t’invite à lire mes articles).

Mais un équipement adapté c’est bien, reste à l’utiliser sur une moto bien entretenue pour traverser l’hiver sans tracas ! Je te propose donc de faire le tour de ta moto et des points essentiels à vérifier régulièrement pour rouler en hiver et résister au froid !

Les éléments essentiels de ta moto à vérifier en hiver

1. La batterie

Et oui, la batterie est sans doute l’élément le plus sensible au froid surtout si ta machine couche dehors ! Aujourd’hui, il n’existe pas de batterie qui résiste mieux au froid qu’une autre, les batteries au plomb ou Lithium offrent plus ou moins les mêmes performances pour des démarrages jusqu’à -10°C. Je te conseille donc d’investir dans un chargeur à brancher régulièrement sur ta batterie pour t’éviter la mauvaise surprise d’une batterie à plat.

Et quitte à investir, choisis un modèle de chargeur « intelligent », qui se met en charge automatiquement dès qu’il détecte une tension plus basse que la normale et qui se met en veille le reste du temps pour ne pas consommer d’électricité inutilement. Ces chargeurs sont vendus avec un connecteur que tu branches sur ta batterie et qui te permet d’avoir une prise facilement accessible pour brancher le chargeur sans avoir à tout démonter pour avoir accès à ta batterie à chaque fois ! 

Si tu n’as pas de prise électrique à disposition facilement, investis dans un booster de batterie, il en existe des très compacts aujourd’hui. Et pour le jour où ta batterie est à plat et que tu n’as que tes petits bras pour faire démarrer la moto, essaie de pousser ta moto vers une pente ou demande à quelqu’un de te pousser, mets le contact, mets-toi directement en seconde, pousse la moto en serrant ton embrayage et dès que la moto a pris un peu de vitesse, lâche l’embrayage et saute sur la selle au même moment pour aider le moteur à partir.

2. Le liquide de refroidissement 

Comme pour ta voiture, venu l’hiver, il faut vérifier ton niveau de liquide de refroidissement et vérifier qu’il possède bien un antigel couplé. Et si cela fait bien longtemps (ou que cela n’a même jamais été fait) que tu n’as pas vidangé ton liquide de refroidissement, une vidange peut être la bienvenue car un vieux liquide de refroidissement perd ses capacités antigel et anticorrosion.

Si tu possèdes une machine à refroidissement par air ou air / huile, faire le choix d’un lubrifiant à la viscosité plus faible facilitera le démarrage à froid. La viscosité, c’est le premier chiffre de l’indice (le 5 d’une huile 5W40) qui caractérise les propriétés de chaque huile. Et la même règle s’applique que pour le liquide de refroidissement : une vieille huile perd de ses qualités… A bon entendeur ! 

3. Les pneus

Et oui, le privilège d’une gomme spéciale dédiée aux conditions froides et à la neige n’est pas réservé uniquement aux 4 roues ! Le seuil des 7°C existe aussi pour les pneus motos ! Petit rappel, les manufacturiers admettent généralement que les qualités de leurs pneumatiques se dégradent sous la barre des 7°C, car l’élasticité des gommes utilisées commence à se figer sous cette barrière thermique. Pour combattre cette frontière physique, les fabricants de pneus utilisent pour leurs pneus hiver un autre mélange de gomme, faisant appel plus massivement à de la silice.

La silice apporte de l’élasticité supplémentaire et permet au pneu hiver de mieux monter en température. Ces pneus possèdent un mélange de gomme spécifique, des sculptures particulières et possèdent le label § + S (Mud & Snow, soit boue et neige), qui est une auto-certification que se donnent les fabricants de pneus. Alors certes, l’offre est plus grande pour les scooters que pour les motos, mais elle existe ! Achat à considérer si tu ne connais pas le mot « hivernage ».

On veille également à faire ses pressions de pneus, surtout si la dernière fois que tu les as faites, c’était au mois de Juillet par 30°C ! Et oui, lorsqu’il fait chaud, l’air à l’intérieur du pneu à tendance à se dilater et donc prendre plus de place, mais lorsque la température diminue, l’effet est contraire. Par exemple, à une température de 20°C un pneu à 2 bars (à froid) descendra à 1,8 bar s’il fait 0°C. Donc on ajuste ses pressions en suivant les recommandations constructeurs !

4. L’éclairage

Au guidon d’un 2 roues, tu dois non seulement bien voir mais aussi et surtout être bien vu, surtout en hiver où la nuit tombe plus tôt et où la pluie s’invite un peu plus souvent à la météo. Vérifie donc l’éclairage de tes phares ainsi que les réglages et la portée du faisceau. Je t’invite pour cela à lire mon article « Rouler de nuit à moto ».

5. Les freins

Certes, l’hiver n’est pas la saison idéale pour multiplier les freinages de trappeurs. Entre le pneu avant qui ne chauffe pas, la sensibilité sur la commande de frein diminuée par les gants épais et le grip assez faible du bitume luisant, rien ne se prête vraiment à l’exercice, je te l’accorde.

Mais l’hiver, les projections d’une route humide et salée viennent se nicher dans les endroits les plus improbables de ta moto et malheureusement, les étriers de freins sont en première ligne !

Un démontage et nettoyage régulier pour évacuer le sel et autres saletés garantira leur bon fonctionnement. Et attention, il existe des bombes de nettoyage spéciales pour les freins (nettoyant frein) pour éviter de laisser du gras sur tes pistons, plaquettes ou disques ! 

6. Lubrification

Le faisceau électrique peut souffrir de l’excès d’humidité, tout comme certains capuchons de bougie. Passer, à titre préventif, un coup de spray au silicone peut t’éviter bien des problèmes.

7. Graisser la chaîne

Si tu possèdes une moto avec une courroie, pas de tracas, mais si tu as une chaîne, il va falloir y prêter une attention soignée, car bien évidemment, la chaîne est particulièrement exposée au sel et aux projections diverses. Un nettoyage régulier sera nécessaire pour éviter la formation de points durs entre tes maillons.

Et oui, on nettoie avant de reposer une couche de graisse sinon, en accumulant des couches de graisse, la chaîne va agréger des saletés qui vont finir par se transformer en une espèce de pâte épaisse bien difficile à enlever ! Sinon tu peux réfléchir à mettre de la graisse sèche (graisse au téflon) qui évite l’accumulation des saletés, et qui présente l’avantage d’être hydrophobe, donc pas besoin de graisser à nouveau après avoir roulé sous la pluie.

9. Lavage

Plus encore que l’été, le lavage régulier de ta machine s’impose pour éliminer le sel notamment et ainsi limiter ses effets corrosifs. Cela te permettra aussi de garder un optique propre !

10. Protection

Si ta moto dort dehors ou dans un garage ouvert aux quatre vents, la protéger sous une housse protectrice peut être une bonne idée. Attention cependant à ne pas mettre la protection sur une machine chaude, qui vient de rouler. Cela développerait des phénomènes de condensation et d’humidité résiduelle emprisonnés sous la bâche. 

En suivant ces quelques conseils, pas de raisons de ne pas passer un bon hiver en 2 roues ! 

Lucile
Lucile
Passionnée de 2 roues depuis ma plus tendre enfance, j’ai passé mon permis gros cube à 21 ans et écumé les routes de ma Haute-Savoie natale et alentours pendant plus de 10 ans avant de me résoudre à un constat réaliste : essayer de prendre les points de corde sur route est un jeu dangereux pour lequel les cartes "chance" distribuées sont limitées... C’est ainsi que je me suis retrouvée sur piste en 2013 avec mon conjoint lui aussi passionné ! Et autant vous dire que le virus a vite pris et c'est même transformé en passion commune !!! Aujourd’hui ma pratique de la moto se limite à la piste en roulages libres et également compétitions, tout en restant une adepte du 2 roues pour les déplacements pro… Mais en scooter ! A travers mes articles, je tacherai donc de mettre à profit mes compétences de professeur (mon métier) et de motarde/pistarde au service d’articles variés pour te partager mes expériences, connaissances, conseils et astuces !
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